Biomécanique

Apprentissage et biomécanique de la flexion latérale

juillet 15, 2020

La flexion latérale est un exercice de base qui intervient tôt dans l’éducation du cheval, notamment pour lui apprendre à s’arrêter. Elle est ensuite l’ingrédient de base de certains mouvements plus complexes: le pli d’encolure est important pour le contrôle des pieds dans le travail latéral.

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Les étapes de l’apprentissage

La flexion latérale peut être réalisée au sol (en liberté, en licol ou en filet) puis transposée à cheval et également déclinée dans les allures. Ce geste permet, par le contrôle de la tête du cheval, de faire découvrir puis affiner la pression du licol. Réalisé correctement, sans résistance et dans la décontraction, il témoigne du fait que le cheval  « peut rester » avec son cavalier. En effet, lorsqu’il est plié, le cheval ne peut pas surveiller son environnement, il est concentré sur la demande, confiant et relâché.

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Flexion latérale droite en licol, utilisée en équitation éthologique pour plier le cheval ou lui demander de s’arrêter, latéroflexion de la nuque et des cervicales hautes.

Comme lors de tous les exercices réalisés par une pression de contact constante, son bon apprentissage fait intervenir successivement : l’acceptation de ce contact, la mise en place d’une pression légère puis croissante et le retrait dès que le cheval s’engage vers la solution. La bonne réponse de la part du cheval correspond dans un premier temps à l’absence d’opposition puis au fait qu’il suive la sensation de votre main ou du licol. Chacune de ces étapes doit être sentie et récompensée par le cavalier, pendant tout le déroulement du mouvement. En effet, une résistance peut se produire au début, mais aussi pendant ou à la fin de l’exercice. L’adresse du cavalier consiste donc à être capable de céder ou résister (sans tirer !) à chaque instant.

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Les grandes lignes de la biomécanique

Lors de la flexion latérale, plusieurs structures réalisent un mouvement de rotation dite horizontale : la nuque puis les vertèbres cervicales, au nombre de sept (comme nous et la plupart des mammifères). Ce mouvement est combiné également à une descente modérée de la tête et du cou, en biomécanique c’est une flexion de chaque structure dans le plan vertical. D’autres petits mouvements en rotation frontale se produisent également. Le crâne et les vertèbres sont finalement mobilisés dans tous les plans de l’espace.  Ce mouvement fait intervenir les muscles de la nuque et du cou du cheval (muscles cervicaux ventraux et dorsaux). Le cheval contracte les muscles du côté de la flexion et étire ceux du côté opposé.

Lorsque le cheval reste avec un port de tête relativement haut en bout de flexion (il termine au niveau du quartier de la selle), il mobilise les cervicales basses dans le sens d’une extension. Celles-ci entreront dans un mouvement de flexion lors de la descente d’encolure, c’est-à-dire lorsque vous faites céder votre cheval vers le bas ou lors d’une demande de flexion latérale très basse. Ces exercices sont intéressants pour ouvrir toutes les facettes articulaires et étirer les muscles du côté opposé.

side1 side2 side3Latéroflexion droite du cheval, l’encolure est plus basse que précédemment pour mobiliser les cervicales de la base de l’encolure.

Chaque étage articulaire doit fonctionner correctement : un blocage de la nuque ou des premières cervicales peut entrainer un cheval qui « vrille » dans le début du mouvement. Si la troisième ou la quatrième cervicale est dysfonctionnelle, le cheval peut s’opposer au mouvement, modifier la hauteur de sa tête ou préférer bouger les pieds plutôt que de se plier.

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Lier comportement et mouvement

Faire la différence entre un blocage physique ou comportemental demande un bon ressenti dans le contact et une lecture fine des expressions du cheval.  Généralement, le cheval qui a bien compris la demande et qui est confiant, s’il présente une gène physique, va modifier la hauteur de son port de tête pour esquiver l’étage articulaire qui le dérange.

Pratiquées régulièrement, les flexions latérales sont intéressantes pour améliorer la disponibilité du cheval, physiquement et mentalement. Elles peuvent être vérifiées en début de séance pour déterminer si votre cheval suit la sensation sur une rêne ou sur la corde. Grace à elles, vous pouvez déterminer si votre cheval est bien physiquement et s’il est mentalement prêt avant de faire des exercices plus compliqués.

 

Anne d’Hautefeuille, Ostéopathe pour animaux, BFEE2 & Ludovic d’Hautefeuille, Expert fédéral en équitation éthologique, BFEE3

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Mon cheval n’est pas attentif en début de séance…

décembre 22, 2019

De la même façon que nous ne demandons pas à un être humain une attention constante, nous pouvons difficilement exiger cette faculté chez notre cheval. La question devient alors: est-ce le bon moment pour demander à mon cheval une attention maximale ? Seule la lecture du cheval dans l’instant présent peut orienter la réponse à cette question.

Plusieurs nuances sont aussi à prend re en compte : l’âge du cheval,  son niveau d’éducation,  son caractère, l’environnement immédiat, et la capacité du cavalier à capter avec justesse l’attention du cheval et à l’encourager dans la durée.IMG_0432 - Copie

Un poulain ou un jeune cheval peut en effet se concentrer seulement quelques instants et il faut rapidement lui proposer soit une autre découverte soit une pause si vous souhaitez conserver son intérêt. Le caractère et le tempérament du cheval pèse aussi lourd dans la balance car certains chevaux ont un besoin fort de surveillance de l’environnement et leur vigilance se porte davantage sur l’extérieur que sur vos demandes. Pour donner son attention, le cheval doit se sentir en sécurité, d’une part avec vous, son référent, et d’autre part avec l’espace dans lequel il évolue. Plus son niveau d’éducation est important, plus son expérience est grande et moins l’environnement sera perturbant pour lui.

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Proposer des situations variées à un poulain et porter son attention sur des objets permet de maintenir sa concentration et son intérêt.

Dans la pratique, « laisser le cheval être un cheval » est un point de départ important. Cela signifie prendre en compte ses besoins d’observation sur ce qui l’entoure avant de lui demander de l’attention. Cela ne signifie aucunement que vous n’avez plus le contrôle de votre cheval. Vous pouvez l’arrêter face à l’objet qu’il souhaite observer aussi longtemps que nécessaire puis lui demander de se concentrer à nouveau sur vos demandes. Si votre cheval a un niveau d’éducation qui lui permet de respecter un contrat d’allure et de direction, vous pouvez conserver l’allure dans laquelle vous évoluez ainsi que votre trajectoire et lui rendre sa liberté d’encolure pour qu’il puisse observer avant de lui demander à nouveau d’être entièrement concentré avec vous. Il s’agit dans ces deux situations, vous l’aurez compris, de le laisser regarder sans perdre le contrôle.

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Alterner la longueur des rênes permet au cheval d’observer son environnement sans se mettre en opposition contre vos demandes, surtout dans un environnement instable ou nouveau.

Gardez en tête que si vous demandez en permanence à votre cheval de vous écouter, il n’aura qu’une seule idée, vous échapper pour répondre à ce besoin.

A l’inverse, à partir du moment où votre cheval vous fait confiance, évolue dans un environnement où il se sent en sécurité, vous pouvez lui demander une attention importante et être exigeant quant à la finesse et au délai de ses réponses. Vous motiverez aussi la qualité de cette attention et la bonne volonté de votre cheval, en lui octroyant des pauses au moment où son attention est entière à votre égard…

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A partir de quel âge puis-je commencer à travailler mon poulain ? Nathalie V.

octobre 26, 2019

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A partir du moment où nous remplaçons dans cette question le verbe « travailler » par le verbe « éduquer », la réponse tendrait à être : le plus tôt sera le mieux.

En effet, le terme éducation correspond alors à tous les apprentissages que le poulain est amené à réaliser lorsqu’il est confronté à un rapport proche et récurrent avec l’homme.  En le sensibilisant tôt à votre présence, à votre langage corporel, à votre contact et à vos moyens de communication, vous lui donner la possibilité de s’habituer à vous et de répondre à vos demandes dès le plus jeune âge.

Vous évitez alors plusieurs situations difficiles :

  • Un poulain qui n’est pas manipulé couramment ne vit au cours de ses premières années que des situations à connotation négative au contact de l’homme : vaccin, vermifuges, traitements vétérinaires envahissants voire aversifs, castration… Lorsque quelques années plus tard, il devra accepter un cavalier sur son dos, il faudra passer du temps à lui démontrer que vous n’êtes pas uniquement synonyme de sensations désagréables.
  • Un jeune cheval qui a eu le licol mais qui ne sait pas comment bouger ses pieds lorsqu’une tension est créée sur la longe peut s’avérer dangereux. En l’absence de solution enseignée, il s’y oppose pour se dégager en tirant à l’inverse, en arrachant la longe ou en se mettant debout.
  • Un poulain élevé très proche de l’homme, qui connait de sa part les caresses et la nourriture mais ne reçoit pas d’éducation, peut se montrer envahissant voire dangereux et s’opposer lorsque nous  voudrons entreprendre son débourrage.

D’autant plus qu’avec une méthode claire et progressive,  avec des séances courtes et régulières, vous pouvez apprendre beaucoup de choses à votre poulain sans causer de dommages physiques ou de sollicitation excessive.

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Poulain de 4 mois en éducation aux Ecuries du Villaunay (14)

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Poulains d’un an et demi en éducation aux Ecuries Equi’Mind (14)

Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas de travailler votre poulain, mais plutôt de réaliser des exercices d’habituation et de désensibilisation en liberté dans un premier temps : le caresser partout, introduire le stick, le drapeau, céder à quelques pressions à distance  et au contact. La mise en place du licol (et son enlèvement) arrive alors très naturellement. Vous pourrez apprendre au poulain à y céder vers l’avant, de chaque côté, à bouger les postérieurs et à reculer… Puis certaines situations particulières sont intéressantes à introduire précocement : marcher sur une bâche, dans l’eau, monter et descendre dans un van ou un camion, être douché,…

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Poulain de un an et demi au Haras de la Cense (78)

Finalement, il y a tellement de choses à lui faire découvrir et comprendre que le temps risque de manquer avant ses trois ans…

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Pourquoi utiliser un drapeau ?

avril 25, 2019

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Le drapeau est une aide de support, au même titre que le stick, qui est utilisé très couramment lors du travail à pied ou à cheval.  Il fait notamment partie de la panoplie d’outils que nous utilisons au cours du débourrage. Comme les autres aides, il est à considérer comme un prolongement de notre corps, ce qui sous-entend que son action s’accompagne d’un langage corporel en cohérence avec la situation à un instant donné. Il permet de clarifier notre communication gestuelle avec le cheval car il est très visuel, son action est aisément modulable par la vitesse du mouvement que nous lui donnons et le bruit qu’il peut produire. Il permet donc de créer de nombreuses phases.

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Le cheval ne doit pas avoir peur du drapeau, qui peut s’avérer très impressionnant pour un cheval non initié, il doit être manipulé avec précaution et précision. La désensibilisation au drapeau est de ce fait progressive, elle commence par un temps de mise au contact, un nœud peut éventuellement réduire son envergure dans le cas d’un cheval particulièrement sensible. Puis du mouvement peut être introduit, il est de préférence régulier et peu ample dans un premier temps. Le bruit vient ensuite.

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Il est aussi intéressant d’utiliser le drapeau dans la zone qui correspond au cavalier pour s’assurer que le cheval n’a pas peur de quelque chose au-dessus de lui, qui apparaît dans l’œil gauche et l’œil droit et qui peut faire du bruit. Cet exercice peut être réalisé pour simuler le montoir, et aussi dans le mouvement en avant

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Le drapeau peut s’avérer très utile pour mobiliser un cheval. Plus visuel et plus clair que le stick, il peut permettre au cheval de trouver plus rapidement la direction que vous souhaitez donner à ses pieds. Si vous devez toucher le cheval pour le faire bouger, le drapeau peut effleurer de façon répétée la zone du corps du cheval concernée sans créer une sensation trop désagréable. Il est par contre plus difficile d’agir vraiment derrière le cheval lorsque celui-ci est en cercle autour de vous, dans ce cas, le stick et la cordelette seront plus efficaces.

Ainsi, le drapeau est un outil indispensable pour augmenter la confiance du cheval, au mouvement et au bruit, mais est aussi très important si vous souhaitez apporter de la clarté dans vos demandes initiées par votre langage corporel.

Questions-réponses

Mon cheval ne reste pas immobile…

décembre 16, 2018

Obtenir l’immobilité de son cheval à tout moment résulte d’un apprentissage. En effet, un cheval libre ne restera pas immobile dans une situation inquiétante et généralement lorsqu’il côtoie les humains, ces derniers lui apprennent plus souvent à être actif qu’à rester immobile.

Cependant, que ce soit à pied ou monté, l’obtention de l’arrêt à la demande est primordial pour la sécurité, pour apprendre au cheval à prendre le temps de réfléchir à diverses situations avant de fuir, mais aussi pour le montoir, et l’apprentissage des transitions descendantes par exemple.

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Le cheval ne reste pas immobile soit parce qu’il n’en a pas envie soit parce qu’il n’a pas compris la demande ou plus exactement l’absence de demande. En effet, toute indication doit signifier quelque chose et par conséquent l’absence de demande veut dire immobilité.
Concrètement comment faire ? Il faut jouer sur la notion de confort/inconfort pour donner envie au cheval de rester immobile :

  • Tout d’abord, il ne faut pas agir pour empêcher le cheval de bouger alors qu’il est arrêté. L’inconfort créé entraînerait le mouvement. Ainsi, ne tenez pas le cheval au licol en lui imposant de rester sur place et pensez à relâcher les rênes lorsque vous êtes à cheval.
  • Donnez-lui du confort lorsqu’il est immobile mais agissez s’il bouge en rendant son mouvement inconfortable pour qu’il apprécie d’autant plus le fait d’être arrêté : mobilisez les hanches, faites le reculer, déplacez-le latéralement. Vous ne pouvez pas lui demander de rester immobile mais vous pouvez créer un mouvement plus compliqué que le mouvement en avant qu’il aurait choisi !
  • Donnez-lui un repère constant. S’il n’a pas compris le concept de l’arrêt, demandez-lui de se repositionner toujours au même endroit. S’il s’y trouve, relâchez vos aides, s’il en sort, mobilisez-le tout en le repositionnant. Il va chercher le confort et préférera bientôt rester arrêté à l’endroit que vous avez fixé.
  • Comme pour tout apprentissage, il existe une progression. Si votre cheval a des difficultés, ne lui demandez pas d’être immobile trop longtemps. Récompensez le court moment d’arrêt en lui demandant d’avancer avant qu’il ne le choisisse.
  • Choisissez le moment et la situation pour un bon apprentissage : dans un endroit connu, proche de chevaux arrêtés et relâchés…

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Un cheval serein n’a généralement pas de difficulté à s’arrêter, pensez donc à privilégier le calme et la décontraction lors de la manipulation et lors de vos séances montées.

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Quel est l’intérêt du ponying ?

août 27, 2018

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Le principe du ponying est de tenir un cheval à la longe tout en étant en selle sur un autre. Dans la pratique, cette technique permet de disposer de deux montures lors de longs trajets par exemple et éventuellement d’équiper le cheval non monté pour porter des affaires en tant qu’animal de bât.

C’est aussi une technique  qui possède de nombreux avantages d’un point de vue éducatif, le cavalier monte alors un cheval chevronné et tient en longe un cheval « élève ».

Ce dernier se rassure en suivant un autre cheval calme. Le ponying offre d’emblée une voie de désensibilisation intéressante dans le cadre d’un débourrage : le jeune cheval s’habitue à voir et à entendre un cavalier au dessus de lui. Cette configuration permet aussi de travailler sur le contact, en l’accoutumant à être touché, notamment au niveau de la place des jambes. La désensibilisation peut être poussée par l’utilisation du drapeau.IMG_0243

Progressivement, le cavalier peut mobiliser le cheval « élève » en dirigeant sa monture vers les différentes parties de son corps : il est alors possible d’exercer une pression vers les hanches et vers les épaules. En combinant ces pressions à des effets sur la longe, le cavalier enseigne aussi les différents effets de rênes.  D’autres apprentissages peuvent être réalisés et notamment celui de la mise en avant, il est alors demandé au jeune cheval de céder à la longe, ce mouvement est encouragé par celui du cheval « maître » qui le précède.

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Le ponying offre aussi la possibilité de découvrir le niveau de sociabilisation du cheval « élève » et d’en travailler certains aspects. Il permet aussi,  lors de sorties en extérieur d’appréhender ses réactions dans un environnement nouveau.

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S’il est intéressant d’utiliser la grégarité du cheval lors de son apprentissage, il est à souligner que cette technique peut s’avérer dangereuse si elle est réalisée par un cavalier peu expérimenté et qui ne maîtriserait pas la tenue des rênes et de la longe ! Il faut aussi vérifier que le cheval « élève » aura un comportement gérable vis-à-vis du cheval monté. Le choix du  cheval « maître » est aussi important. Il doit être suffisamment à l’écoute de son cavalier, très confiant et proposer des réponses rapides et nettes à ses demandes. Cela dit, lorsqu’il commence à comprendre l’objectif des tâches qui lui sont demandées, cela motive ses réponses.

Photos: remerciements à Joanna Martinez, éducatrice et monitrice d’équitation (35)

Questions-réponses

Mon cheval mord au sanglage…

juin 28, 2018

Le cheval qui essaie de mordre lors du sanglage cherche à se débarrasser de cette sensation qu’il trouve désagréable. C’est un comportement qui peut apparaître dès le débourrage et malgré un sanglage progressif chez les chevaux les plus sensibles. Cette réaction peut aussi s’installer plus tardivement avec un cavalier qui sangle son cheval trop fort et trop vite. Elle est consolidée si le cheval parvient à vous éloigner de la sangle.

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La première chose à mettre en place systématiquement est un sanglage progressif afin de rendre la sensation plus tolérable. Faites alors en sorte de serrer à minima, afin d’assurer uniquement le maintien de la selle lors du déplacement au pas. Vous pouvez ensuite ressangler après quelques foulées. Idéalement, vous détendez votre cheval au sol avant de monter et vous ajoutez un nouveau trou à la sangle après l’avoir trotté à la longe.

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Lorsque votre cheval se tourne vers vous avec l’intention de vous mordre, réalisez une obstruction en levant votre coude. Il doit comprendre qu’il existe un mur invisible entre vous et lui, cette limite correspond à votre espace personnel. Vous pouvez également rendre son geste davantage inconfortable en mobilisant les postérieurs sur quelques foulées. Lorsque vous avez ressanglé, utilisez le renforcement positif : récompensez votre cheval en le caressant et en lui laissant un temps de repos.

Certains exercices avec une corde en guise de sangle peuvent être salvateurs. Ils vous permettent en effet de réaliser une désensibilisation minutieuse car vous pouvez augmenter ou relâcher très rapidement la pression autour du ventre. Il s’agit alors d’apprendre au cheval à ne plus réagir, en serrant la corde et en la détendant avant qu’il n’adopte une attitude agressive. Répétez plusieurs fois et récompensez l’absence de réaction de votre cheval.

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En combinant l’ensemble de ces techniques et en sanglant toujours poliment votre cheval, son attitude devrait rapidement s’améliorer. Soyez attentif aux petits signes d’agacement que vous montre votre cheval et n’attendez pas que le problème s’installe.

Blog, Questions-réponses

Mon cheval m’emmène toujours vers la porte de la carrière…

avril 20, 2018

Si votre cheval est attiré par la sortie de la carrière, c’est qu’il a de bonnes raisons :

  • Il est seul et il veut rejoindre les autres, son box ou son pré.
  • Il a appris qu’il existe des zones où il fait des efforts et d’autres où il est plus tranquille et il a fait son choix.
  • Le coin opposé à la porte est effrayant !

Il faut donc changer son idée : il pense qu’il serait mieux ailleurs, donnons-lui envie de rester.

Réfléchissez tout d’abord à la manière d’organiser vos séances. Faites-vous travailler votre cheval du début à la fin de votre présence sur l’aire d’évolution pour ne lâcher les rênes qu’au moment de sortir ? Ou bien construisez-vous votre séance avec une progression d’apprentissage, des pauses pour la compréhension, des moments de relâchement ? En résumé, vous êtes le prof de votre cheval, demandez-vous si vous donnez envie à votre élève d’aller à l’école. Changez votre manière d’aborder les choses et votre cheval changera de comportement.

Pour aider votre cheval à changer d’idée, vous pouvez créer un inconfort vers la porte mais surtout engendrer un confort au loin.

Ainsi, si votre cheval s’approche de la porte, ne l’en empêchez pas. S’il veut s’y arrêter, effectuez une demande qui le met dans l’inconfort : mobilisez les hanches s’il cherche à rester à la porte ou demandez-lui d’accélérer lors du passage près de la sortie.

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Par contre, lorsqu’il s’en éloigne, cessez votre demande, arrêtez-vous plus loin et caressez-le. Petit à petit votre cheval sera intéressé par des points de plus en plus loin de la porte.

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Vous pouvez aussi effectuer les exercices qui demandent un effort au cheval (cercle, épaule en dedans…) du côté de la porte puis venir vous arrêter dans la partie opposée à la celle-ci.

N’hésitez pas à descendre en fin de séance loin de la sortie, à faire manger de l’herbe sous la clôture de la carrière à l’opposé de l’ouverture.

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Variez les lieux où vous montez votre cheval, utilisez la carrière comme un passage lors d’un circuit autour des écuries : vous y entrez, vous en sortez, en demandant plus d’activités à l’extérieur qu’à l’intérieur.
Toutes ces idées ne seront efficaces que si en parallèle le cheval trouve du relâchement et comprend ce qu’on lui demande lorsque vous le montez sur l’aire d’évolution en question.

Questions-réponses

Mon cheval lève la tête lorsque je veux lui mettre le filet…

février 12, 2018

La mise en place du filet est une étape importante du débourrage et il faut savoir laisser au jeune cheval le temps d’apprivoiser cet outil avant de s’en servir avec tact. D’ailleurs, lorsqu’un poulain découvre le mors pour la première fois, il mâchouille souvent beaucoup et tente de s’en débarrasser avec la langue. Mais rapidement, si les étapes sont bien réalisées, mettre (et enlever) le filet devient facile et naturel.
Dans le cas contraire, le cheval peut conserver un a priori sur la mise en place du mors et, en l’absence de rectification, devenir de plus en plus récalcitrant en gardant les mâchoires serrées, en détournant la tête, en bougeant les pieds, en levant l’encolure et pourquoi pas en se mettant debout.

Il est aussi tout à fait possible que votre cheval n’ait pas eu de problème lors du débourrage, mais qu’au fil du temps il n’accepte plus ce geste. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer : un cavalier qui met en place le mors de façon désagréable pour le cheval, une douleur dans la bouche ou aux oreilles, une main qui manque de fixité…

Pour apprendre à votre cheval un comportement plus approprié, voici en images les exercices incontournables à réaliser en licol :

  • Céder à la pression vers le bas :

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  • Caresser la tête, sans oublier les lèvres, les oreilles, les yeux :

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  • Obtenir la flexion latérale :

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Lors de la mise en place du mors :

  • Conservez le licol sous le filet, afin de pouvoir agir si votre cheval bouge la tête ou les pieds.
  • Ne donnez pas la priorité à votre objectif mais au bon positionnement du cheval : il doit rester immobile et conserver la tête basse. Lorsqu’il réalise bien ces étapes, ne cherchez pas à placer le mors, mais récompensez-le en éloignant le filet puis reprenez votre exercice.
  • Soyez délicat lorsque vous mettez le mors mais aussi lorsque vous l’enlevez, prenez garde à ne pas cogner les dents ou les yeux et ne pliez pas les oreilles.
  • L’image qui suit propose un positionnement des mains qui permet de demander au cheval de baisser la tête si besoin (main droite) et d’avoir une main libre pour placer le mors sereinement (main gauche).

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Mettre et enlever le filet est un geste qui doit être considéré comme un exercice à part entière, il ne faut pas hésiter à l’intégrer au sein d’une séance au sol. Le cheval ne doit pas assimiler la mise ne place du mors à un inconfort et au début systématique du travail.

Rendre plus confortable cette étape, c’est aussi : mettre le mors en place et, au lieu de s’en servir, poursuivre la séance sur le licol, donner une récompense alimentaire ensuite ou recouvrir le mors de miel,…

Autant d’idées qui peuvent améliorer le comportement de votre cheval, sachant que, comme souvent, c’est une bonne préparation qui permet une bonne acceptation…

Questions-réponses

Comment puis-je récompenser mon cheval ?

décembre 18, 2017

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L’utilisation de la récompense est un élément clé au cours de l’apprentissage d’un cheval. En premier lieu parce qu’elle témoigne de la volonté du cavalier de faire progresser son cheval en recherchant le positif dans ses comportements. Ensuite, parce que la récompense a un impact immédiat sur la motivation du cheval et certainement sur sa vitesse d’apprentissage.
Il est intéressant de savoir qu’il existe deux types de récompense. L’une est dite primaire car pour le cheval elle correspond à la satisfaction d’un besoin vital comme se nourrir, s’abreuver, dormir… L’autre, secondaire, nécessite un apprentissage de la part du cheval pour qu’il comprenne que c’est un événement qui lui procure du confort. C’est le cas par exemple de l’utilisation de la voix ou des caresses. Cette distinction permet de comprendre pourquoi l’utilisation de carottes peut conduire à un résultat plus probant que le recours aux caresses.

La récompense, par définition, correspond à la reconnaissance d’un mérite particulier. Par conséquent, elle doit avoir un lien avec ce que le cheval a fait, elle ne doit pas intervenir n’importe quand et elle doit apporter quelque chose de positif au cheval. Sa nature est donc déterminée par l’individu concerné : un poulain qui n’a jamais goûté aux carottes ne fait pas d’association entre son comportement et la récompense, tandis qu’il pourrait chercher à reproduire le comportement qui vous a conduit à lui gratter fortement la base du garrot…
L’utilisation de la caresse n’est pas toujours évidente car il faut savoir l’adapter à chaque cheval. Certains chevaux n’aiment pas le contact de la main, nous en avions parlé dans cet article qui explique comment remédier à la situation. Il y a plusieurs façons de caresser un cheval, à noter que le grattage qui évoque au cheval le grooming ou toilettage mutuel relève d’une récompense primaire et est donc la plus efficace.

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Si vous avez recours à une friandise pour féliciter votre cheval, son utilisation doit répondre à des règles précises afin d’éviter certains déboires comme : un cheval qui réclame sans cesse, qui vous bouscule pour obtenir son morceau de pomme voire qui cherche à mordre.
Quand votre cheval a bien répondu à une demande, il n’est pas toujours possible de le caresser et encore moins de lui donner une friandise, soit pour une question de distance soit pour une question de timing. La récompense peut correspondre au fait de le « laisser tranquille » ou à l’utilisation du repos. C’est celle que nous utilisons le plus souvent. Le cheval cherchant à se débarrasser des contraintes, vous pouvez utiliser ce fonctionnement dans votre intérêt. Elle peut prendre plusieurs formes : le simple relâchement de vos aides, une pause à l’arrêt rênes longues ou mettre pied à terre.

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Ainsi, il existe différents types de récompense dont l’utilisation requiert une certaine vigilance et de la compétence.  Chacune d’entre elles aura un impact plus ou moins important sur la motivation du cheval et pour  chaque situation, certaines récompenses seront plus ou moins bien adaptées. Dans tous les cas, pour un bon apprentissage l’important est de demander peu et de récompenser beaucoup: du  relâchement des aides (simple à répéter) jusqu’au seau de granulés…