Rencontre avec un professionnel

Sophie Rooses, en quête du bien-être physique et mental de votre cheval

mars 12, 2015

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                Sophie Rooses, propriétaire de chevaux et cavalière de longue date, a naturellement fait de sa passion un métier en obtenant en 2012 un BPJEPS mention équitation, complété des deux brevets fédéraux d’équitation éthologique. Normande d’adoption, Sophie propose ses services de cavalière et d’enseignante chez les particuliers et les professionnels, avant qu’une blessure au genou ne la contraigne à revoir son activité à la baisse. Une longue rééducation en kinésithérapie, à base de massages et de mobilisations, lui permet de se muscler à nouveau. Sophie décide alors de se pencher sur le bien-être physique des chevaux et obtient en 2014 un certificat de masso-physiothérapeute équin.

Outre l’éclaircissement que nous apporte Sophie sur cette technique de soin, c’est également son point de vue sur les notions de bien-être mental et physique du cheval qui nous interpelle lors de cette rencontre.

Hipp’Up: En quoi consiste la masso-physiothérapie équine ?

Sophie Rooses: La masso-physiothérapie équine considère le cheval comme un athlète. A l’image du kinésithérapeute des sportifs humains, ce soin a pour objectifs la préparation à l’effort, l’amélioration des performances, la diminution du risque de blessure, la récupération,… Pour cela, un masso-physiothérapeute réalise des mobilisations, des massages et des stretchings permettant d’évacuer les déchets du muscle, de diminuer les tensions et ainsi de redonner souplesse et confiance au cheval lors de ses mouvements. Je complète souvent mes manipulations par des cataplasmes de boue ou d’algues marines selon les effets recherchés.

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H’U: Quels types de chevaux soignes-tu ?

S.R.: Je m’occupe de chevaux ou de poneys de loisir ou de compétition, l’idée étant d’apporter du confort et du bien-être au cheval. Qu’il ait une activité sportive ou non, le cheval peut avoir des tensions musculaires, des raideurs qui l’empêchent de bouger correctement. En levant ces douleurs, le cheval s’améliore et récupère mieux après l’effort, quelle que soit sa discipline. Evidemment, le soin sera orienté différemment s’il s’agit d’un cheval âgé à qui je vais chercher à redonner plus de souplesse, ou un cheval qui sort en compétition. La masso-physiothérapie est aussi intéressante chez les chevaux en convalescence suite à une opération ou une tendinite par exemple; elle peut aider le cheval à récupérer plus vite après une longue période d’inactivité.

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H’U: Tes connaissances en équitation éthologique sont-elles un atout  lors d’un soin ?

S.R.: Il est important pour moi de bien différencier l’équitation éthologique que je considère comme un apprentissage que l’on fait au cheval et la masso-physiothérapie qui est un soin. Je ne peux pas éduquer et soigner en même temps. Quand j’éduque un cheval, je dicte les règles: le cheval doit faire attention à moi et répondre à mes demandes. Quand je masse, c’est à mon tour d’être là pour lui. Il me fait comprendre ce qu’il aime, ce qu’il n’aime pas, où il a mal,… et c’est à moi de m’adapter à lui. Mes connaissances en équitation éthologique me donnent la capacité de savoir lire son langage corporel pour pouvoir m’adapter et anticiper ses réactions. Certaines positions et certains soins nécessitent parfois de désensibiliser le cheval au préalable. C’est le cas de la fango et de l’algothérapie où le cheval est recouvert de boue ou d’algue puis enveloppé dans une grande feuille d’amidon. Je prépare alors le cheval à accepter le soin dans la décontraction.

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H’U: Penses-tu que tes deux activités soient complémentaires ?

S.R.: L’équitation éthologique et la masso-physiothérapie ont un point commun: le bien-être animal. L’un met l’accent sur le mental, l’autre sur le physique. Il faut être capable d’allier les deux. Si un cheval travaille dans la contrainte et dans la fuite, il y aura forcément des répercutions sur son physique (contractures, crampes, tendinites,…). A l’inverse, un cheval qui a des douleurs ne pourra pas se concentrer pleinement sur les demandes de son cavalier. Il paraîtra mal éduqué alors qu’il ne peut pas faire ce que son cavalier attend de lui.

Il faut s’adapter à chaque cheval et se poser les bonnes questions: suis-je assez claire dans mes demandes ou le cheval souffre-t-il ? Dans le doute il vaut mieux demander l’avis d’un spécialiste pour être sûr de mettre le cheval dans le confort. Il faut ensuite travailler le cheval de façon juste et compréhensible pour lui. En effet, s’il est toujours en défense contre les actions de son cavalier, il se fera à nouveau mal, quels que soient les soins apportés.

Sophie Rooses se déplace en Normandie et en région parisienne, vous pouvez la contacter par mail: sophie.rooses@laposte.net 

Questions-réponses

« Mon cheval fait des écarts devant les objets nouveaux, que faire pour l’améliorer ? » Nicolas C.

février 1, 2015

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Chaque poulain, sans l’intervention de l’homme, adopte un comportement qui lui est propre face à la rencontre d’un nouvel objet. Certains, compte tenu de leur race, de leur génétique ou du comportement de leur mère, sont d’un naturel curieux et se dirigent assez rapidement vers les objets pour les sentir, les toucher voire les prendre dans la bouche. D’autres, par contre, font tout pour s’en éloigner. Dans le contexte de domestication dans lequel ces derniers évolueront, il est préférable, pour eux comme pour nous, qu’ils passent de l’état peureux à l’état curieux.

Il est à signaler que beaucoup de manipulations hâtives avec les poulains peuvent les rendre plus peureux : les coincer pour les attraper (augmente la peur de l’homme), les forcer à rentrer dans un box, dans la douche, dans un van (augmente la peur du confinement), etc… La curiosité a besoin de temps.

Même si les poulains sont bien manipulés, comme cela a été dit précédemment, leur degré de curiosité ne sera pas nécessairement le même. Il n’y a pas d’âge pour améliorer la curiosité d’un cheval. Les exercices décrits ci-dessous, où l’on demande au cheval de s’intéresser aux objets, sont primordiaux avant de demander à un cheval de passer sur quelque chose : bâche, barre au sol, sauter un sous-bassement ou monter dans un van. En effet, comment peut-on espérer monter un cheval dans un van, s’il ne s’y intéresse pas, voire s’il en a déjà peur à plusieurs mètres !

Pour réaliser cet exercice, l’idéal est de pouvoir mener son cheval à distance, le but étant de l’envoyer vers l’objet pour qu’il s’y arrête puis le sente et le touche. Peu importe les objets (plots, cubes, tapis au sol, selle, tronc…) mais présentez ceux qui paraissent les plus simples pour votre cheval puis augmentez la difficulté.

Si le cheval ne veut pas s’en approcher, laissez-lui le temps de l’observer et lorsque son attitude montre qu’il est moins inquiet, proposez-lui de s’en rapprocher.

S’il ne s’y intéresse pas et passe à côté ou s’il l’évite par peur, redirigez le face à l’objet, (votre longueur de corde doit être adaptée pour que l’information soit la plus précise possible). Quand il s’en rapproche, relâchez-vous pour qu’il ralentisse et cherche à s’arrêter proche.  Petit à petit, il va chercher une solution vers l’objet.

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Lorsqu’il est immobile proche de l’objet, ne lui demandez plus rien : plus il s’approche de l’objet, plus ce doit être une zone de confort. Bientôt, le moment de confort correspondra au moment où il touche l’objet. N’intervenez pas au moment où le cheval explore l’objet, même s’il utilise les dents ou les sabots, dans la mesure où sa sécurité et la vôtre ne sont pas en danger.

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Tirer un objet est un exercice  qui en général permet d’accroître de façon évidente l’intérêt du cheval, même s’il est d’un tempérament indifférent ou craintif.  Il est en effet plus attiré  car l’objet est en mouvement et plus confiant car l’objet s’éloigne de lui. Permettez au cheval de terminer l’exercice en touchant l’objet au moment où il montre le plus d’intérêt.

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En réalisant cet exercice vous ne mettrez pas de pression pour que le cheval passe l’embûche (puisque ce n’est pas votre objectif), votre cheval trouvera un confort proche de l’objet, il sera alors prêt à franchir l’embûche : barre au sol, bâche, flaque d’eau, van.

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Vous verrez que le jour où vous voudrez franchir une nouvelle embûche avec votre cheval, à pied ou monté, cet exercice deviendra naturellement votre première étape. Le temps que vous laisserez à votre cheval pour s’intéresser sera du temps de gagné pour le franchissement et un confort pour vous et votre cheval. Plus votre cheval aura des expériences positives avec des nouvelles situations, moins il les craindra. Par la réalisation de ce type d’exercices, vous ne modifierez pas la nature peureuse de votre cheval, mais vous lui apprendrez à mieux réagir et à mieux se comporter face à la nouveauté.

Conseils équestres

Intérêt du travail à pied

janvier 17, 2015

Il existe de nombreux intérêts au travail à pied : manipulation du poulain, débourrage, travail en liberté, travail d’un cheval qui ne peut être monté pendant une période. Cet article souligne l’importance du travail à pied dans l’apprentissage des aides utilisées à cheval.

En effet, à cheval, nous utilisons l’assiette, les mains par le biais des rênes et les jambes pour diriger notre monture. La bonne utilisation de ces aides est un apprentissage pour le cavalier qui peaufinera leur précision au fur et à mesure. C’est aussi un apprentissage pour le cheval. Par exemple, un poulain au travail sera naturellement aspiré vers la porte de la carrière même si une rêne d’ouverture lui indique d’aller à l’opposé, et vos jambes ne représenteront pas une barrière pour lui. Nous devons leur apprendre ce que signifient nos mains et nos jambes, les sensibiliser à nos demandes.

Le travail à pied est crucial dans cet apprentissage. En effet, notre position à pied, la dynamique de notre mouvement vont aider le cheval à comprendre ce que signifient les pressions de contact liées à nos mains ou nos jambes. Nous serons plus visibles qu’à cheval et nos pieds pourront s’ancrer dans le sol.

Lors du travail à la longe sur un cercle, le cheval apprend d’ores et déjà à suivre ou non une sensation de direction. Il cède à une rêne directrice s’il est léger et qu’il réalise un cercle régulier. Il s’y oppose s’il tracte vers l’extérieur et que vos pieds ne sont pas fixes. Lorsqu’il suit la sensation sur la longe, il s’organise physiquement pour exécuter son cercle et il y a des chances pour que nous retrouvions cette sensation en selle…

Chaque action que nous allons faire avec la longe correspond ainsi au contrôle des pieds du cheval et c’est ce même rôle qu’aura la rêne à cheval. Si les demandes sont bien réalisées au sol, que le cheval les a comprises et cède avec légèreté, il sera plus facile pour lui de répondre de la même manière aux demandes exécutées en selle:

 

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Reculer: la pression du licol se fait vers l’arrière dans l’axe du cheval. Le cheval cède au niveau du chanfrein et recule.

 

 

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Contrôle des postérieurs: la main (rêne) demande une flexion d’encolure puis le passage du postérieur gauche sous la masse. Le cheval apprend à pivoter autour de la main.

 

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Contrôle des antérieurs: la longe est une « rêne d’ouverture » vers la droite. Le cheval suit l’indication et passe son antérieur gauche devant le droit.

 

Il est important de noter que lors des manipulations quotidiennes, le cheval apprend. Au mener, s’il cède difficilement au licol, c’est qu’il ne suit pas la sensation et il y a de fortes chances pour que son comportement soit le même monté. L’apprentissage du cheval commence dès le moment où nous l’approchons pour lui mettre le licol !

C’est aussi un apprentissage pour le cheval de céder à une pression au niveau de la jambe du cavalier. Il doit s’organiser physiquement pour exécuter un mouvement précis. Certains chevaux fuient la jambe, ce qui n’est pas une réponse, et nombreux sont ceux qui y sont insensibles, dits froids à la jambe. Dans le travail à pied, nous utiliserons notre main pour remplacer la jambe et c’est surtout notre position et la dynamique de notre mouvement qui va clarifier la réponse à donner pour le cheval. Cette réponse acquise à pied simplifiera la compréhension du cheval lorsque la demande sera faite en selle:

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Contrôle des postérieurs: le contact de la main est franc et le corps est solide des pieds à la main pour ne pas forcer mais résister. La longe (rêne) peut aider le cheval à enclencher le mouvement (main droite sur la photo).

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Contrôle des antérieurs: une main au niveau de la tête et une main au niveau du passage de sangle apprennent au cheval à mobiliser son avant main grâce à une pression de contact.

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Déplacement latéral: peu importe la difficulté de l’exercice, lorsque le cheval a compris qu’il y a une réponse à une pression de contact, il s’organise mentalement et physiquement pour y répondre.

Le cheval est notre élève et notre manière d’enseigner doit être la plus compréhensible possible. Le travail à pied fait partie des moyens à notre disposition pour mieux être compris.

Rencontre avec un professionnel

Rencontre avec Caroline Godin, dressage et équitation éthologique

décembre 29, 2014

 

IMG_0179Caroline Godin est diplômée du BPJEPS, titulaire du BFEE 2 et responsable de l’écurie de propriétaires au Haras de la Cense (78).

Parallèlement à son activité d’enseignement, Caroline est cavalière, si elle travaille au quotidien aussi bien des chevaux de loisir que de compétition, sa discipline de prédilection est le dressage.

Elle prépare les jeunes chevaux aux sorties en compétition et finit d’ailleurs cette année à la 3ème place lors de la Grande Semaine de Saumur avec sa jument Querida de Hus. En niveau B, elle remporte en 2012 les Championnats d’Europe Ibériques et obtient la seconde place en 2013. Elle gagne cette année le Critérium des Enseignants CCE grâce à une reprise de dressage brillante qui lui permet de mener l’épreuve du début à la fin.

Le Haras de La Cense était présent au Salon du Cheval de Paris en décembre, Caroline y a présenté chaque jour des démonstrations en dressage visant à expliquer l’intérêt de l’équitation éthologique dans cette discipline, l’occasion pour nous de lui poser quelques questions.

Hipp’Up : Tes connaissances actuelles en équitation éthologique ont probablement modifié ton équitation et ton enseignement, quelles différences fais-tu maintenant ?

Caroline Godin : Avant ma formation au Haras de la Cense, je sortais déjà en compétition de dressage. Mais l’entrainement de mes chevaux était différent ; je travaillais les éléments des reprises en faisant faire les mouvements à mon cheval. J’étais dans la recherche d’un résultat de la part de mon cheval, sans l’associer forcément à sa compréhension.

Maintenant je peux décortiquer chaque pas et apprendre à mon cheval la réponse que j’attends à une demande. Je peux ensuite le laisser effectuer son mouvement. Le bénéfice immédiat est qu’il se concentre davantage. Le fait qu’il comprenne ce que j’attends de lui permet d’obtenir son relâchement. L’apprentissage du cheval est devenu, avant la technique, le moteur de mon équitation.

J’ai toujours recherché une attitude physique juste chez mes chevaux, avec une ligne du dessus tendue. Le problème est que si nous cherchons ce résultat en tendant les rênes et en poussant, la plupart des chevaux ne comprennent pas, se crispent et le contact se détériore. Il n’y a pas de communication et les mouvements sont figés. En utilisant les notions d’apprentissage du cheval et en particulier le fait qu’il puisse répondre à une pression de contact, nous pouvons petit à petit lui apprendre à mettre son dos en place. Le cheval comprend l’attitude que l’on attend de lui, selon les codes mis en place, et y trouve son confort.

H’U : Comment utilises-tu cette pression de contact dans l’éducation puis le dressage des chevaux que tu travailles ?

C.G. : Je développe le contrôle des pieds du cheval. Le travail commence au sol et se poursuit dans la même logique à cheval. Il s’agit de sensibiliser son cheval à bouger dans chaque direction par réponse à une pression appliquée sur une partie de son corps. Les principes essentiels sont de demander doucement, d’être capable de relâcher cette pression rapidement et au bon moment. En déplaçant ainsi les hanches et les épaules, un code s‘établit avec le cheval, chaque aide a une signification claire, et il suffit de recomposer l’ensemble pour faire du dressage.

Si le cavalier garde en permanence une pression, il n’y a pas de communication avec le cheval. Si le cavalier sait prendre et relâcher une pression, au moment opportun, une communication s’établit.

H’U : Ce travail est-il susceptible de concerner tous les chevaux et tous les cavaliers ?

C.G. : C’est, en effet, à mon sens une éducation de base du cheval et du cavalier. Un cheval qui comprend les demandes et un cavalier capable de se faire comprendre sont les gages d’une bonne équitation. Cela dit, les exigences dans la précision sont à adapter au niveau du cheval et du cavalier. Nous pouvons comparer le cheval dans les aides, entre jambes et mains, à une boite qui l’entoure. Pour un cavalier débutant ou un jeune cheval, cette boite sera grande, la réponse à une pression sera orientée dans une direction mais pas très précise. Au fil des progrès, la dimension de la boite diminue, les réponses aux aides s’affinent.

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H’U : Quelle difficulté est souvent rencontrée dans ce travail ?

C.G. : Je pense qu’il ne faut pas tomber dans les extrêmes, c’est-à-dire monter à cheval en utilisant uniquement l’alternance pression/relâchement. Le cheval doit être en permanence informé sur la direction et la vitesse à adopter. Lorsque vous éduquez un jeune cheval vous devez, pour être très clair avec lui, soit mettre une pression soit la relâcher mais au fil de l’apprentissage il est important de garder un léger contact pour être toujours en relation avec votre cheval et ainsi affiner vos demandes et la qualité des réponses. Il y a donc une communication subtile à entretenir entre la mise en place d’une pression et la réponse du cheval, grâce au liant que vous conservez avec lui lorsqu’il donne la bonne réponse.

L’équitation dite « de tradition » a largement défendu la légèreté à cheval et bon nombre d’ouvrages en font référence. Certes, l’équitation dispensée dans les clubs n’est pas celle de ces ouvrages et nous oriente peut-être un peu plus vers une équitation « de force » mais il me semble que le plus important est de s’intéresser au cheval lui-même. N’oublions pas que les chevaux sont doués d’une faculté incroyable d’apprentissage et capables de sentir une mouche sur leur poil. Une meilleure connaissance du cheval nous permet d’être plus clairs et plus justes avec lui et ainsi d’améliorer notre tact et notre technique équestre.

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Caroline en démonstration, Pôle Ethologie, Salon du Cheval de Paris décembre 2014

Activités

Equitation éthologique sur l’île de la Réunion

décembre 22, 2014

Le Comité Régional d’Equitation de l’île de la Réunion a fait intervenir Ludovic pour réaliser des formations sur place. L’équitation est en effet bien représentée sur l’île de la Réunion, avec de nombreuses écuries et centres équestres, spécialisés le plus souvent en tourisme équestre ou compétition de saut d’obstacles.

De la même façon qu’en métropole,  la plupart des structures réunionnaises n’ont pas ignoré la réforme des Galops qui a eu lieu il y a deux ans. En effet, en 2012 du travail au sol avec les chevaux et des notions d’éthologie ont été intégrés au programme des examens fédéraux.

En tant qu’expert fédéral, Ludovic a ainsi animé une journée de stage avec une vingtaine de moniteurs. Certains avaient déjà des notions d’équitation éthologique, mais pour beaucoup c’était une découverte. Une  démonstration, le matin, avec un poulain, a permis de mettre l’accent sur le mode d’apprentissage du cheval. L’après-midi a été consacrée à la mise en pratique des exercices des quatre premiers Galops (la gestion de l’espace personnel, mener et diriger, déplacer les hanches, déplacer les épaules, la flexion latérale).

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Les formations pour les amateurs ont occupé le reste du séjour.  Si certains élèves débutaient, la plupart étaient les élèves de Stéphanie Nourry (BFEE 3), originaire de la Réunion et enseignante en équitation éthologique formée au Haras de la Cense. Certains étaient des élèves d’Anne-Sophie Grosset (BFEE 2) qui intervient quelques semaines par an. Ce fut un échange enrichissant avec des élèves motivés. En effet, l’aspect insulaire rend toute intervention extérieure importante.

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L’accueil chaleureux des Réunionnais et leur envie d’apprendre ont rendu ce séjour très agréable, le climat et les palmiers ont fait le reste !

FFE: savoirs, galops, brevets

Passer son savoir 1 d’équitation éthologique

novembre 24, 2014

Bien qu’il s’agisse du premier examen des cinq savoirs d’équitation éthologique, le programme du savoir 1 est dense et contient d’ores et déjà des techniques précises.

Pour vous préparer à réussir votre examen, voici quelques exemples d’exercices techniques qui peuvent vous être demandés de réaliser, avec quelques conseils d’examinateur…

  • Aborder son cheval dans un box et lui mettre le licol

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Veillez à ne pas saborder votre approche du cheval ; votre licol doit être « prêt à l’emploi » et analysez la position de votre cheval. S’il est trop près       vous pouvez le faire reculer au contact, s’il ne vous regarde pas, vous pouvez capter son attention et s’il est bien placé, vous pouvez le caresser.

Prenez le temps de bien ajuster votre licol.

  • Marche en main

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Essayez de vous concentrer sur les réponses de votre cheval et d’oublier la situation « examen » pour que votre langage corporel soit clair, fluide et que vos actions soient efficaces.

Soyez vigilants sur votre longueur de corde.

  • Reculer en pression de contact

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Votre placement est important dans les exercices proches du cheval, soyez sûrs de la partie du corps que nous vous demandons de mobiliser, visualisez le mouvement avant de l’exécuter.

Encore une fois… Attention à votre longueur de corde. Le savoir 1 est le début du travail au sol, vous devez être à l’aise avec les règles de sécurité élémentaires.

  • Prise des pieds, cheval non attaché

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Cet exercice permet à votre examinateur de s’assurer une nouvelle fois de votre bonne tenue de corde et de votre faculté à sensibiliser votre cheval à une pression de contact.

Vous devriez également savoir comment réagir si votre cheval ne conserve pas l’immobilité. Préparez-vous à cette éventualité.

  • Faire reculer son cheval à distance et le ramener à soi

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Nous allons ici juger votre capacité à utiliser votre langage corporel et votre gestion des différentes phases.

N’oubliez pas de demander poliment à votre cheval de s’éloigner… et n’oubliez pas d’être efficace si besoin !

 

Pour finir, quelques questions de théorie récurrentes lors de cet examen, sur lesquelles nous vous laisserons réfléchir :

– Savez-vous ce qu’est le snapping  ?

– Pouvez-vous donner un exemple d’utilisation de renforcement négatif lorsque vous montez à cheval ?

– Pouvez-vous donner un exemple d’utilisation de renforcement positif lorsque vous travaillez votre cheval au sol ?

– Le cheval voit-il dans l’obscurité ?

Bonnes révisions !

Questions-réponses

« Mon cheval couche les oreilles quand je veux le caresser. Que dois-je faire ? » Adelina K.

novembre 24, 2014

 

Certains chevaux ont une attitude menaçante lorsque vous entrez dans leur box ou que vous vous voulez les caresser. Ils mettent les oreilles en arrière, plaquées et tendent l’encolure vers vous. Ce n’est pas anodin et si on ne fait pas les bons gestes, cela peut empirer.

Certaines personnes vont  reculer face à ce comportement, d’autres vont faire de grands gestes pour chasser le cheval. Alors, quelle est la bonne attitude à adopter ? Avec les chevaux, il n’existe pas une seule et unique solution, les situations ne sont pas les mêmes et chaque cheval est différent.

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Tout d’abord, cette attitude montre que le cheval n’est pas prêt à nous accepter, il préfère que nous restions au loin. Ce qu’il faut toujours avoir à l’esprit est que nous entrons dans son espace : notre attitude doit donc être positive pour lui. Nous devons être détendus, relâchés, progressifs et sûrs. Il faut aussi parfois laisser le temps au cheval de nous observer, voire de nous sentir.  Notre approche est plus facile si le premier contact vient de lui : c’est déjà son idée.bonnaattitude

Si lorsque l’on s’approche pour le caresser, le cheval met les oreilles en arrière et que nous reculons en enlevant la main, le cheval a trouvé la solution pour éviter que nous le touchions. Si cet événement est répété plusieurs fois, nous renforçons l’idée du cheval, jusqu’à ce qu’il cherche même à ouvrir la bouche…Il est donc important d’aller au bout de notre geste : toucher le cheval.  Le but étant que le cheval change sa perception sur nous et notre main : le contact devra être franc et agréable. Si l’association de l’humain et de la main est plus positive, il changera son attitude.

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Si le cheval a tendance à tendre son encolure vers nous, il faut évidemment rester en sécurité et protéger notre espace. Cependant, attention aux grands gestes ou aux actions brèves vers le cheval, ils peuvent être interprétés comme des menaces pour le cheval qui nous verra alors comme un élément négatif et son attitude ne changera pas, voire empirera. Nous ne laisserons pas le cheval s’approcher avec une mauvaise attitude et pour ce faire, nous ferons ce que l’on peut appeler une  obstruction (voir photos) : on placera notre bras, fixe, entre la tête du cheval et nous pour fixer une limite. Nous contrôlerons la tête du cheval de manière franche, sans agression, pour tout de suite le caresser, en restant relâché.

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Nota Bene :

La présence de l’humain est peut-être synonyme de contraintes (travail…) et il faut penser à aller voir le cheval et le sortir de son box pour des activités positives pour lui (brouter…)

Certains chevaux à qui l’on a fait des soins suite à une blessure ont des raisons d’éviter notre contact.

La situation se reproduit peut-être, au contact de la brosse ou lorsque vous mettez le tapis et la selle. Votre attitude devra être la même.

L’humain va souvent chercher à toucher le cheval, pour son propre plaisir. Mais selon la manière dont vous le faites et sa sensibilité, il n’appréciera pas nécessairement…

Activités

Préparation au show

juin 9, 2014

J’ai rencontré il y a plusieurs années Nadine Veldung, propriétaire et éleveuse de chevaux pur-sang arabes en Normandie. A l’époque Nadine recherche un cavalier pour valoriser ses chevaux, avec une méthode qui place leur bien-être au premier plan. Nous nous sommes bien entendues et depuis  nous travaillons avec son haras, le haras d’Ensenia et avec les naisseurs de ses chevaux, M. et Mme Valério propriétaires du haras d’Ainhoa. Grâce à ce partenariat sur du long terme, nous pouvons avoir un suivi régulier sur ses chevaux ; des premiers pas en licol des poulains de deux ans, en passant par leur débourrage, jusqu’aux sorties en compétitions à partir de l’âge de quatre ans.

Il faut savoir que Nadine est pluridisciplinaire et apprécie que ses chevaux le soient également ! Nous nous sommes ainsi retrouvés outre en dressage, sur des épreuves qui nous étaient jusqu’alors inconnues : l’endurance et le show.

L’approche du show a été une réelle source d’inspiration dans le travail au sol. Le show est une discipline propre aux pur-sang arabes, qui consiste à présenter son cheval à l’arrêt, au pas et au trot.

Le passage au trot est important, les chevaux doivent laisser une forte impression aux juges, ils sont notés sur leur brillant dans l’allure. Les techniques observables lors des compétitions  sont basées sur l’excitation des chevaux, souvent en utilisant des sacs plastiques. Or dans notre quotidien avec les chevaux, nous cherchons à atténuer  leur réaction de fuite, en passant par la désensibilisation et le contrôle des pieds. Une partie importante du travail a donc consisté à améliorer le geste des chevaux au trot, à développer leur réactivité tout en les gardant sous contrôle.

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Ainhoa Vivaccio Ses résultats en show : 1er Le Mans Régional 2013, 1er Morlaix Amateur 2013, 3ème Le Mans National C 2014, 1er Saint Lo Amateur 2014

Techniquement, dans l’éducation du cheval, lorsque les bases du travail au sol sont solides, il s’agit de mettre l’accent sur la conduite du cheval à côté de lui, voire en arrière du garrot. A cette place, le cheval doit être capable d’évoluer au pas, au trot, au galop, et de répondre aux transitions descendantes jusqu’au reculer. Petit à petit, en conservant le contrôle du cheval, il faut introduire un développement dans l’allure du trot. Le cheval ne fuit pas une pression, il répond à une demande et reste ainsi confiant et sous contrôle.

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Ainhoa Shakali, ses résultats en show : 1er Lamballe Régional 2012, 2ème Saint Lô Régional 2012

La présentation à l’arrêt doit montrer un cheval qui pose dans une position caractéristique ; avec des postérieurs en arrière de la masse, des antérieurs avancés et une encolure étendue à son maximum.

Nous avons appris aux chevaux à céder à une pression légère du licol en avançant uniquement les antérieurs, le tout corrélé à une position du stick leur évitant de confondre avec une demande de marche en avant simple. En utilisant du renforcement positif, nous pouvons leur demander d’avancer la tête et d’étendre l’encolure pour chercher à toucher le stick. Pour entretenir leur motivation et obtenir une jolie expression de tête, une récompense alimentaire peut être un bon outil.

Un autre paramètre revêt une importance de premier ordre : les concours de show sont… chauds ! La musique, l’ambiance et l’excitation environnantes sont propres à cette discipline. De plus, comme nous l’avons précisé plus haut, les chevaux du haras d’Ensenia sont pluridisciplinaires et passent une bonne partie de leur temps en extérieur avec leur propriétaire férue d’endurance. Ils doivent rester sereins en toutes circonstances et ne pas s’élancer à la moindre feuille qui bouge… l’amalgame avec l’agitation des sacs plastiques en show est facile. Les chevaux doivent être sûrs d’eux, et faire la différence entre ce qui les concerne ou non dans leur environnement. La partie désensibilisation est primordiale pour obtenir ce résultat, avec le recours à des exercices de désensibilisation divers et variés : sac plastique, bâche, parapluie, …

Le show n’est pas notre spécialité, cependant les chevaux ont eu quelques bons résultats.

 

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 Nadine Veldung, propriétaire et éleveuse de chevaux pur-sang arabes en Normandie