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Rencontre avec un professionnel

Rencontre avec Caroline Godin, dressage et équitation éthologique

décembre 29, 2014

 

IMG_0179Caroline Godin est diplômée du BPJEPS, titulaire du BFEE 2 et responsable de l’écurie de propriétaires au Haras de la Cense (78).

Parallèlement à son activité d’enseignement, Caroline est cavalière, si elle travaille au quotidien aussi bien des chevaux de loisir que de compétition, sa discipline de prédilection est le dressage.

Elle prépare les jeunes chevaux aux sorties en compétition et finit d’ailleurs cette année à la 3ème place lors de la Grande Semaine de Saumur avec sa jument Querida de Hus. En niveau B, elle remporte en 2012 les Championnats d’Europe Ibériques et obtient la seconde place en 2013. Elle gagne cette année le Critérium des Enseignants CCE grâce à une reprise de dressage brillante qui lui permet de mener l’épreuve du début à la fin.

Le Haras de La Cense était présent au Salon du Cheval de Paris en décembre, Caroline y a présenté chaque jour des démonstrations en dressage visant à expliquer l’intérêt de l’équitation éthologique dans cette discipline, l’occasion pour nous de lui poser quelques questions.

Hipp’Up : Tes connaissances actuelles en équitation éthologique ont probablement modifié ton équitation et ton enseignement, quelles différences fais-tu maintenant ?

Caroline Godin : Avant ma formation au Haras de la Cense, je sortais déjà en compétition de dressage. Mais l’entrainement de mes chevaux était différent ; je travaillais les éléments des reprises en faisant faire les mouvements à mon cheval. J’étais dans la recherche d’un résultat de la part de mon cheval, sans l’associer forcément à sa compréhension.

Maintenant je peux décortiquer chaque pas et apprendre à mon cheval la réponse que j’attends à une demande. Je peux ensuite le laisser effectuer son mouvement. Le bénéfice immédiat est qu’il se concentre davantage. Le fait qu’il comprenne ce que j’attends de lui permet d’obtenir son relâchement. L’apprentissage du cheval est devenu, avant la technique, le moteur de mon équitation.

J’ai toujours recherché une attitude physique juste chez mes chevaux, avec une ligne du dessus tendue. Le problème est que si nous cherchons ce résultat en tendant les rênes et en poussant, la plupart des chevaux ne comprennent pas, se crispent et le contact se détériore. Il n’y a pas de communication et les mouvements sont figés. En utilisant les notions d’apprentissage du cheval et en particulier le fait qu’il puisse répondre à une pression de contact, nous pouvons petit à petit lui apprendre à mettre son dos en place. Le cheval comprend l’attitude que l’on attend de lui, selon les codes mis en place, et y trouve son confort.

H’U : Comment utilises-tu cette pression de contact dans l’éducation puis le dressage des chevaux que tu travailles ?

C.G. : Je développe le contrôle des pieds du cheval. Le travail commence au sol et se poursuit dans la même logique à cheval. Il s’agit de sensibiliser son cheval à bouger dans chaque direction par réponse à une pression appliquée sur une partie de son corps. Les principes essentiels sont de demander doucement, d’être capable de relâcher cette pression rapidement et au bon moment. En déplaçant ainsi les hanches et les épaules, un code s‘établit avec le cheval, chaque aide a une signification claire, et il suffit de recomposer l’ensemble pour faire du dressage.

Si le cavalier garde en permanence une pression, il n’y a pas de communication avec le cheval. Si le cavalier sait prendre et relâcher une pression, au moment opportun, une communication s’établit.

H’U : Ce travail est-il susceptible de concerner tous les chevaux et tous les cavaliers ?

C.G. : C’est, en effet, à mon sens une éducation de base du cheval et du cavalier. Un cheval qui comprend les demandes et un cavalier capable de se faire comprendre sont les gages d’une bonne équitation. Cela dit, les exigences dans la précision sont à adapter au niveau du cheval et du cavalier. Nous pouvons comparer le cheval dans les aides, entre jambes et mains, à une boite qui l’entoure. Pour un cavalier débutant ou un jeune cheval, cette boite sera grande, la réponse à une pression sera orientée dans une direction mais pas très précise. Au fil des progrès, la dimension de la boite diminue, les réponses aux aides s’affinent.

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H’U : Quelle difficulté est souvent rencontrée dans ce travail ?

C.G. : Je pense qu’il ne faut pas tomber dans les extrêmes, c’est-à-dire monter à cheval en utilisant uniquement l’alternance pression/relâchement. Le cheval doit être en permanence informé sur la direction et la vitesse à adopter. Lorsque vous éduquez un jeune cheval vous devez, pour être très clair avec lui, soit mettre une pression soit la relâcher mais au fil de l’apprentissage il est important de garder un léger contact pour être toujours en relation avec votre cheval et ainsi affiner vos demandes et la qualité des réponses. Il y a donc une communication subtile à entretenir entre la mise en place d’une pression et la réponse du cheval, grâce au liant que vous conservez avec lui lorsqu’il donne la bonne réponse.

L’équitation dite « de tradition » a largement défendu la légèreté à cheval et bon nombre d’ouvrages en font référence. Certes, l’équitation dispensée dans les clubs n’est pas celle de ces ouvrages et nous oriente peut-être un peu plus vers une équitation « de force » mais il me semble que le plus important est de s’intéresser au cheval lui-même. N’oublions pas que les chevaux sont doués d’une faculté incroyable d’apprentissage et capables de sentir une mouche sur leur poil. Une meilleure connaissance du cheval nous permet d’être plus clairs et plus justes avec lui et ainsi d’améliorer notre tact et notre technique équestre.

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Caroline en démonstration, Pôle Ethologie, Salon du Cheval de Paris décembre 2014

Activités

Equitation éthologique sur l’île de la Réunion

décembre 22, 2014

Le Comité Régional d’Equitation de l’île de la Réunion a fait intervenir Ludovic pour réaliser des formations sur place. L’équitation est en effet bien représentée sur l’île de la Réunion, avec de nombreuses écuries et centres équestres, spécialisés le plus souvent en tourisme équestre ou compétition de saut d’obstacles.

De la même façon qu’en métropole,  la plupart des structures réunionnaises n’ont pas ignoré la réforme des Galops qui a eu lieu il y a deux ans. En effet, en 2012 du travail au sol avec les chevaux et des notions d’éthologie ont été intégrés au programme des examens fédéraux.

En tant qu’expert fédéral, Ludovic a ainsi animé une journée de stage avec une vingtaine de moniteurs. Certains avaient déjà des notions d’équitation éthologique, mais pour beaucoup c’était une découverte. Une  démonstration, le matin, avec un poulain, a permis de mettre l’accent sur le mode d’apprentissage du cheval. L’après-midi a été consacrée à la mise en pratique des exercices des quatre premiers Galops (la gestion de l’espace personnel, mener et diriger, déplacer les hanches, déplacer les épaules, la flexion latérale).

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Les formations pour les amateurs ont occupé le reste du séjour.  Si certains élèves débutaient, la plupart étaient les élèves de Stéphanie Nourry (BFEE 3), originaire de la Réunion et enseignante en équitation éthologique formée au Haras de la Cense. Certains étaient des élèves d’Anne-Sophie Grosset (BFEE 2) qui intervient quelques semaines par an. Ce fut un échange enrichissant avec des élèves motivés. En effet, l’aspect insulaire rend toute intervention extérieure importante.

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L’accueil chaleureux des Réunionnais et leur envie d’apprendre ont rendu ce séjour très agréable, le climat et les palmiers ont fait le reste !

FFE: savoirs, galops, brevets

Passer son savoir 1 d’équitation éthologique

novembre 24, 2014

Bien qu’il s’agisse du premier examen des cinq savoirs d’équitation éthologique, le programme du savoir 1 est dense et contient d’ores et déjà des techniques précises.

Pour vous préparer à réussir votre examen, voici quelques exemples d’exercices techniques qui peuvent vous être demandés de réaliser, avec quelques conseils d’examinateur…

  • Aborder son cheval dans un box et lui mettre le licol

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Veillez à ne pas saborder votre approche du cheval ; votre licol doit être « prêt à l’emploi » et analysez la position de votre cheval. S’il est trop près       vous pouvez le faire reculer au contact, s’il ne vous regarde pas, vous pouvez capter son attention et s’il est bien placé, vous pouvez le caresser.

Prenez le temps de bien ajuster votre licol.

  • Marche en main

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Essayez de vous concentrer sur les réponses de votre cheval et d’oublier la situation « examen » pour que votre langage corporel soit clair, fluide et que vos actions soient efficaces.

Soyez vigilants sur votre longueur de corde.

  • Reculer en pression de contact

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Votre placement est important dans les exercices proches du cheval, soyez sûrs de la partie du corps que nous vous demandons de mobiliser, visualisez le mouvement avant de l’exécuter.

Encore une fois… Attention à votre longueur de corde. Le savoir 1 est le début du travail au sol, vous devez être à l’aise avec les règles de sécurité élémentaires.

  • Prise des pieds, cheval non attaché

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Cet exercice permet à votre examinateur de s’assurer une nouvelle fois de votre bonne tenue de corde et de votre faculté à sensibiliser votre cheval à une pression de contact.

Vous devriez également savoir comment réagir si votre cheval ne conserve pas l’immobilité. Préparez-vous à cette éventualité.

  • Faire reculer son cheval à distance et le ramener à soi

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Nous allons ici juger votre capacité à utiliser votre langage corporel et votre gestion des différentes phases.

N’oubliez pas de demander poliment à votre cheval de s’éloigner… et n’oubliez pas d’être efficace si besoin !

 

Pour finir, quelques questions de théorie récurrentes lors de cet examen, sur lesquelles nous vous laisserons réfléchir :

– Savez-vous ce qu’est le snapping  ?

– Pouvez-vous donner un exemple d’utilisation de renforcement négatif lorsque vous montez à cheval ?

– Pouvez-vous donner un exemple d’utilisation de renforcement positif lorsque vous travaillez votre cheval au sol ?

– Le cheval voit-il dans l’obscurité ?

Bonnes révisions !

Questions-réponses

« Mon cheval couche les oreilles quand je veux le caresser. Que dois-je faire ? » Adelina K.

novembre 24, 2014

 

Certains chevaux ont une attitude menaçante lorsque vous entrez dans leur box ou que vous vous voulez les caresser. Ils mettent les oreilles en arrière, plaquées et tendent l’encolure vers vous. Ce n’est pas anodin et si on ne fait pas les bons gestes, cela peut empirer.

Certaines personnes vont  reculer face à ce comportement, d’autres vont faire de grands gestes pour chasser le cheval. Alors, quelle est la bonne attitude à adopter ? Avec les chevaux, il n’existe pas une seule et unique solution, les situations ne sont pas les mêmes et chaque cheval est différent.

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Tout d’abord, cette attitude montre que le cheval n’est pas prêt à nous accepter, il préfère que nous restions au loin. Ce qu’il faut toujours avoir à l’esprit est que nous entrons dans son espace : notre attitude doit donc être positive pour lui. Nous devons être détendus, relâchés, progressifs et sûrs. Il faut aussi parfois laisser le temps au cheval de nous observer, voire de nous sentir.  Notre approche est plus facile si le premier contact vient de lui : c’est déjà son idée.bonnaattitude

Si lorsque l’on s’approche pour le caresser, le cheval met les oreilles en arrière et que nous reculons en enlevant la main, le cheval a trouvé la solution pour éviter que nous le touchions. Si cet événement est répété plusieurs fois, nous renforçons l’idée du cheval, jusqu’à ce qu’il cherche même à ouvrir la bouche…Il est donc important d’aller au bout de notre geste : toucher le cheval.  Le but étant que le cheval change sa perception sur nous et notre main : le contact devra être franc et agréable. Si l’association de l’humain et de la main est plus positive, il changera son attitude.

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Si le cheval a tendance à tendre son encolure vers nous, il faut évidemment rester en sécurité et protéger notre espace. Cependant, attention aux grands gestes ou aux actions brèves vers le cheval, ils peuvent être interprétés comme des menaces pour le cheval qui nous verra alors comme un élément négatif et son attitude ne changera pas, voire empirera. Nous ne laisserons pas le cheval s’approcher avec une mauvaise attitude et pour ce faire, nous ferons ce que l’on peut appeler une  obstruction (voir photos) : on placera notre bras, fixe, entre la tête du cheval et nous pour fixer une limite. Nous contrôlerons la tête du cheval de manière franche, sans agression, pour tout de suite le caresser, en restant relâché.

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Nota Bene :

La présence de l’humain est peut-être synonyme de contraintes (travail…) et il faut penser à aller voir le cheval et le sortir de son box pour des activités positives pour lui (brouter…)

Certains chevaux à qui l’on a fait des soins suite à une blessure ont des raisons d’éviter notre contact.

La situation se reproduit peut-être, au contact de la brosse ou lorsque vous mettez le tapis et la selle. Votre attitude devra être la même.

L’humain va souvent chercher à toucher le cheval, pour son propre plaisir. Mais selon la manière dont vous le faites et sa sensibilité, il n’appréciera pas nécessairement…

Activités

Préparation au show

juin 9, 2014

J’ai rencontré il y a plusieurs années Nadine Veldung, propriétaire et éleveuse de chevaux pur-sang arabes en Normandie. A l’époque Nadine recherche un cavalier pour valoriser ses chevaux, avec une méthode qui place leur bien-être au premier plan. Nous nous sommes bien entendues et depuis  nous travaillons avec son haras, le haras d’Ensenia et avec les naisseurs de ses chevaux, M. et Mme Valério propriétaires du haras d’Ainhoa. Grâce à ce partenariat sur du long terme, nous pouvons avoir un suivi régulier sur ses chevaux ; des premiers pas en licol des poulains de deux ans, en passant par leur débourrage, jusqu’aux sorties en compétitions à partir de l’âge de quatre ans.

Il faut savoir que Nadine est pluridisciplinaire et apprécie que ses chevaux le soient également ! Nous nous sommes ainsi retrouvés outre en dressage, sur des épreuves qui nous étaient jusqu’alors inconnues : l’endurance et le show.

L’approche du show a été une réelle source d’inspiration dans le travail au sol. Le show est une discipline propre aux pur-sang arabes, qui consiste à présenter son cheval à l’arrêt, au pas et au trot.

Le passage au trot est important, les chevaux doivent laisser une forte impression aux juges, ils sont notés sur leur brillant dans l’allure. Les techniques observables lors des compétitions  sont basées sur l’excitation des chevaux, souvent en utilisant des sacs plastiques. Or dans notre quotidien avec les chevaux, nous cherchons à atténuer  leur réaction de fuite, en passant par la désensibilisation et le contrôle des pieds. Une partie importante du travail a donc consisté à améliorer le geste des chevaux au trot, à développer leur réactivité tout en les gardant sous contrôle.

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Ainhoa Vivaccio Ses résultats en show : 1er Le Mans Régional 2013, 1er Morlaix Amateur 2013, 3ème Le Mans National C 2014, 1er Saint Lo Amateur 2014

Techniquement, dans l’éducation du cheval, lorsque les bases du travail au sol sont solides, il s’agit de mettre l’accent sur la conduite du cheval à côté de lui, voire en arrière du garrot. A cette place, le cheval doit être capable d’évoluer au pas, au trot, au galop, et de répondre aux transitions descendantes jusqu’au reculer. Petit à petit, en conservant le contrôle du cheval, il faut introduire un développement dans l’allure du trot. Le cheval ne fuit pas une pression, il répond à une demande et reste ainsi confiant et sous contrôle.

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Ainhoa Shakali, ses résultats en show : 1er Lamballe Régional 2012, 2ème Saint Lô Régional 2012

La présentation à l’arrêt doit montrer un cheval qui pose dans une position caractéristique ; avec des postérieurs en arrière de la masse, des antérieurs avancés et une encolure étendue à son maximum.

Nous avons appris aux chevaux à céder à une pression légère du licol en avançant uniquement les antérieurs, le tout corrélé à une position du stick leur évitant de confondre avec une demande de marche en avant simple. En utilisant du renforcement positif, nous pouvons leur demander d’avancer la tête et d’étendre l’encolure pour chercher à toucher le stick. Pour entretenir leur motivation et obtenir une jolie expression de tête, une récompense alimentaire peut être un bon outil.

Un autre paramètre revêt une importance de premier ordre : les concours de show sont… chauds ! La musique, l’ambiance et l’excitation environnantes sont propres à cette discipline. De plus, comme nous l’avons précisé plus haut, les chevaux du haras d’Ensenia sont pluridisciplinaires et passent une bonne partie de leur temps en extérieur avec leur propriétaire férue d’endurance. Ils doivent rester sereins en toutes circonstances et ne pas s’élancer à la moindre feuille qui bouge… l’amalgame avec l’agitation des sacs plastiques en show est facile. Les chevaux doivent être sûrs d’eux, et faire la différence entre ce qui les concerne ou non dans leur environnement. La partie désensibilisation est primordiale pour obtenir ce résultat, avec le recours à des exercices de désensibilisation divers et variés : sac plastique, bâche, parapluie, …

Le show n’est pas notre spécialité, cependant les chevaux ont eu quelques bons résultats.

 

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 Nadine Veldung, propriétaire et éleveuse de chevaux pur-sang arabes en Normandie